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Dream Theater
  17 juin 2004

Québec est réputée de par le monde pour ses nombreuses histoires d'amour passionées avec les formations progressives. Après Genesis et bien d'autres dans les vénérables années '70, la passion est aujourd'hui à son paroxisme dès qu'il est question de Dream Theater, les maîtres incontestés de la nouvelle vague progressive des années 2000 ... le puissant et complèxe prog metal. Pour en savoir un peu plus sur une foule de sujets entourant la formation américaine, Alain Gagnon s'est longuement entretenu avec Jordan Rudess, le claviériste aux solos débridés, lors de leur récent passage en nos murs.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Premièrement, merci beaucoup de prendre de ton temps pour parler avec moi.
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Tu es le bienvenue, ça me fait plaisir !!!
  Alain Gagnon :: CDM
Q Je vais débuter avec le nouvel album, parce que je m’occupe d’un magasin de disques, et cet album a été notre meilleur vendeur jusqu’à maintenant. Comment a été la réception en Amérique du Nord et à travers le monde?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R En fait, d’après ce que je sais, les ventes pour cet album ont dépassé les ventes de l’album précédent, et ce, depuis le peu de temps qu’il est sorti. C’est donc très bien…super pour nous.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Je crois que l’album a fait de beaux coups sur les palmarès un peu partout.
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Oui…il fait son chemin!
  Alain Gagnon :: CDM
Q Excellent ! Côté musical, vous avez des parties heavy sur tous les albums de Dream Theater, même ceux sur lesquels tu ne joues pas. Mais cette fois, on dirait que l’album est, de façon générale, plus « loud ». Qu’est-ce qui peut l’expliquer ?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Comme tu le sais sûrement, ces dernières années, le groupe a repris quelques albums de heavy metal classique, comme “Master of Puppets” et “Number of the Beast”. Ça nous a ramené à nos racines, et quand on a commencé à penser à ce que l’on ferait pour notre prochain album, on s’est dit : pourquoi ne pas aller dans chaque chanson qui est puissante, prendre l’énergie, et essayer de créer quelque chose comme ça sans aucun flop ou autre matériel? Par exemple, « Six degrees… » était un peu expérimental, avec des parties « space » et des éléments qui faisaient penser au rock progressif classique…on s’est dit que c’était pas mal et qu’on allait retourner vers ça, mais en mettant l’accent sur le côté puissant du groupe et ses racines métal, pour créer quelque chose qui est, pour DT, un peu comme un album de rock classique.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Alors ce n’est pas juste arrivé comme ça, c’était voulu.
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Exactement! L’une des choses que j’ai remarquées, au fil de mes cinq années d’expérience dans ce groupe, est que nous avons un talent pour prévoir ce qui va arriver avec un album. C’est un plan. Par exemple, avec « Scenes From a Memory », je me souviens très nettement que Mike et John ont dit : « ce sera un album concept, et ce sera comme ça… », et ils n’ont pas seulement prédit à quoi ça ressemblerait, mais aussi à quel point il serait populaire et comment il serait reçu par les fans. C’est une habileté très intéressante à avoir et très spéciale, quelque chose d’unique. Je crois que c’est une des choses à laquelle on peut attribuer le succès du groupe. Je me souviens que John Petrucci disait : « ce sera un album concept, ce sera un truc incroyable pour les fans, ils vont entrer complètement dans l’histoire, et ça marchera beaucoup pour nous. ». C’était mon premier album avec le groupe et ça a effectivement bien marché ! La même chose s’est produite avec « Six degrees… », le même genre de prédiction et de réponse; et maintenant, pour « Train of thought », c’est exactement pareil. Donc…c’est très intéressant.
  Alain Gagnon :: CDM
Q À propos de la composition, dans quelle proportion est-ce que la musique vient de vos « jams » ? Est-ce que tout est déjà composé quand vous arrivez en studio ?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Ce dernier album a été fait dans le studio de pratique, nous étions simplement tous là avec nos instruments, jouant à plein volume, et les idées sont venues pendant que nous y étions. Disons que nous avons essayé de ne pas avoir beaucoup d’idées préconçues.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Donc tout le monde fait sa part sur l’album, ce n’est pas le travail d’une seule personne.
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Bien sûr. Nous jouons tous certains rôles dans le processus de création : John Petrucci et moi trouvons la plupart des notes et des trucs que l’on entend sur l’album; Mike et John écrivent plusieurs mélodies vocales, et James vient y contribuer. John Myung jette un « riff » ici et là…c’est habituellement un riff incroyable mais à l’occasion…et c’est comme ça que la musique est écrite. Tout le monde a donc son rôle à jouer.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Si vous avez un album concept, vous faites un spectacle très différent que pour un album comme « Train of thought », par exemple. Comment un album comme celui-là affecte-t-il les spectacles?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Ça rend les spectacles assez amusants, parce que nous planifions l’album à partir de ce qui se passera en spectacle. Toutes les chansons sont donc très agréables à jouer, il y a plusieurs grosses pièces pleines d’énergie, et c’est amusant de s’y mettre.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Que dire du fait que le groupe a maintenant 7 albums à son actif ? Vous pouvez bien sûr jouer plus de trois heures, mais comment choisissez-vous les chansons?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R C’est quelque chose sur quoi Mike passe beaucoup de temps. C’est probablement la personne la plus prudente et la plus directe quand il est temps de faire un « set list ». Il regarde et analyse ce que nous avons joué la dernière fois qu'on était à cet endroit, ce qu'on a joué dans les autres villes près de là, et ce que l'on devrait jouer en essayant de couvrir chaque album…c'est un gros projet. Ce n'est pas juste lancé au hasard…Mike fait ça et nous dit ce qu'il aimerait faire, ce qu'il a trouvé dans ses recherches, et ce qu'il pense, et habituellement c'est super
  Alain Gagnon :: CDM
Q Ouais, ça c'est vrai !
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R On ne peut pas argumenter avec quelqu'un qui se creuse les méninges à ce point !!!
  Alain Gagnon :: CDM
Q C'est vrai, bien qu'on se demande où il trouve le temps !!!
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R C'est incroyable…c'est une des choses qui lui tiennent à coeur… à chacun ses petites lubies.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Vous arrivez tout juste d'Europe, où vous avez fait la tournée pour cet album…comment est-ce allé?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R L'Europe est toujours très bonne pour nous, c'était vraiment excitant, nous sommes revenus à la maison en nous disant: "WOW, c'est une super tournée…continuons ça aux É-U."
  Alain Gagnon :: CDM
Q Comment comparerais-tu les foules européennes et nord-américaines?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Hé bien, en général, je dirais que DT a un public incroyable partout au monde, et qu'on a des fans qui le sont jusqu'à l'os. Nos fans Américains…c'est à dire des Etats-Unis…sont un peu plus réservés dans leur réponse. Un bon exemple, c'est quand un bout de chanson arrive où en Europe, tout le monde tape des mains… aux É-U, peut-être qu'ils ne le feront pas…ils sont tout de même avec nous, mais ils se retiennent un peu. Quand on vient au Canada, les fans sont un peu plus comme les Européens…donc en gros, c'est ça. Tout le monde embarque, mais la réponse diffère légèrement un peu partout.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Je me doute, et j'ai entendu dire, qu'en Asie, les foules deviennent complètement folles. Vous allez en Asie, et vous y êtes probablement déjà allés dans le passé. Qu'est-ce qu'il y a de si spécial là-bas pour vos spectacles?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Je ne sais pas. Encore une fois, je ne crois pas…ils ne sont définitivement pas aussi passionnés qu'en Europe ou au Canada. Ils embarquent vraiment et, pour l'Asie, je pense qu'ils font le maximum. Donc…par devenir fous, qu'est-ce qu'ils feraient…par exemple, ils vont taper des mains à l'unisson. La réponse est très bonne, mais ça reste une réponse asiatique.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Vous avez fait un spectacle, il y a 3 semaines je crois, le 6 mars, en mémoire de l'album "When Dream and Day Unite". Vous avez fait venir Harlie Dominici également. Comment s'est déroulé le spectacle?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R En fait, c'était très amusant, et on a passé un superbe moment. Ça a bien marché avec nos invités. Derek Sherinian, le claviériste à qui j'ai succédé, s'est pointé, et on a eu droit à un bon jam…on s'échangeait des solos un peu partout, on rigolait, et tout le monde avait du plaisir. Charlie est venu et a fait du bon travail derrière le micro, car c'était probablement très stressant de revenir comme ça, sorti de nulle part après tant d'années, et chanter. Il a vraiment été bon.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Je crois qu'il ne fait plus de musique…
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Je ne crois pas non plus, mais je pense qu'il s'y est remis un peu…il était un peu "wow, c'est super!", et il a attrapé la piqûre. Alors ça a bien été…je crois que c'était amusant pour les fans, et nous avons eu une bonne réponse.
  Alain Gagnon :: CDM
Q J'aurais aimé voir ça…

J'ai vu quelque chose sur le Net à propos des paquets Or ou Platine que vous vendez aux fans pour ces spectacles. Je crois que les fans aiment vraiment l'idée qu'ils puissent être près du groupe, mais certains disent que vous le faites uniquement pour l'argent. Je sais que Mike a fait un commentaire à ce sujet, mais toi, qu'en penses-tu?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R De ce que j'ai vu, les gens qui achètent ces paquets sont très heureux de nous rencontrer et nous en remercient. C'est une très belle opportunité pour eux et ça fait, bien sûr, de l'argent supplémentaire pour le groupe, ce qui nous aide à payer les grosses productions. J'ai donc le sentiment que c'est une très belle chose; c'est bon financièrement, et c'est bon pour les fans qui veulent nous rencontrer parce qu'ils aiment vraiment ce qu'on fait.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Tu as parlé des albums de métal classiques que vous avez repris en spectacle. Vous avez fait Metallica et Iron Maiden…comment choisissez-vous les albums?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Nous avons choisi ces albums parce qu’ils ont une signification spéciale pour le groupe; ils ont eu une influence sur notre développement, et aussi, nous croyons que les fans les aiment.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Quand décidez-vous que vous allez jouer un album particulier?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Habituellement, on fait ça quand on a deux soirs de suite au même endroit. On se dit un peu, « Oh, il est temps de faire un album! »
  Alain Gagnon :: CDM
Q Alors la prochaine fois que nous aurons deux spectacles à Québec, on pourra s’attendre à quelque chose ?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Oui, il est probable que si l’on fait 2 spectacles de suite au même endroit, nous allons faire quelque chose comme ça, car on aime ça.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Metallica à Québec avec DT…le toit s’écroulerait! Ce serait tellement fou!

Maintenant je voudrais parler un peu du groupe…tu es dans le groupe depuis quoi, 5 ou 6 ans?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Environ 5 ans.
  Alain Gagnon :: CDM
Q 5 ans et tu es toujours le petit nouveau…le groupe semble assez stable.
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Je suis le dernier arrivé, c’est ça.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Comment est-ce que le noyau d’un groupe comme Dream Theater a pu rester ensemble pendant 15 ans?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Hé bien, c’est incroyable…j’ai l’impression maintenant que tout le monde fait partie de la même famille…il n’y a pas de grosse pression ou de moments tendus, on est un peu casés, si je peux dire. On s’entend tous très bien et on aime faire de la musique ensemble…c’est notre vie et personne n’est pressé d’aller vers un but précis, donc on s’amuse, c’est tout! Et les foules apprécient toujours notre musique et nous encouragent, donc c’est quelque chose qui peut encore durer longtemps.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Je sais que tu connaissais les gars du groupe avant d’entrer dans Dream Theater, mais comment as-tu pu jouer avec eux exactement?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Hé bien, je ne voulais pas m’embarquer là-dedans quand Kevin Moore est parti il y a 10 ou 11 ans, même si j’ai fait un spectacle avec eux à la grande convention de heavy metal…qui s’appelait…hmm…comment déjà…
  Alain Gagnon :: CDM
Q Ça arrive toujours…(rires)
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Concrete convention??? Peu importe…alors j’ai fait ce spectacle et ensuite décidé que je n’embarquerais pas là-dedans, et je me suis joint à The Dregs, et j’ai travaillé pour une compagnie appelée Kurzweil…pour faire un peu de tout, quoi, fonder un foyer et tout ça. Alors environ un an plus tard, j’ai reçu un appel d’une compagnie de disques pour faire, avec Mike Portnoy et John Petrucci, ce qui est devenu Liquid Tension Experiment…et tout a très bien été, on a fait l’album, on s’est amusés en le faisant, et finalement, l’album a été très bien reçu pour un album instrumental, alors on nous a demandé d’en faire un deuxième. Alors on l’a fait…
  Alain Gagnon :: CDM
Q Il était…aussi bon!
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Et aussi bien reçu, tu sais. Alors après le deuxième album, les gars se disaient : « Hé bien, ça marche très bien avec Jordan, on a une bonne relation musicalement…on devrait continuer, c’est bon. ». Ils eurent alors la difficile tâche d’annoncer à Derek qu’ils voulaient du changement. Ils l’ont fait, et quelques semaines après avoir terminé Liquid Tension Experiment, j’étais en train d’enregistrer dans le studio avec les gars. Tout était pareil…sauf qu’au lieu d’avoir un grand gars chauve assis à la basse, on avait John Myung. Pour moi, c’était pareil, mais je me suis rendu compte que c’était en fait assez différent parce qu’on était dans un autre monde musical. Dans Liquid Tension, on pouvait faire n’importe quoi, sans restriction…tandis que Dream Theater était établi, il y avait un nom, une identité, des choses propre à ça. Alors, c’est à peu près ça…je me suis joint au groupe et maintenant je suis ici !!
  Alain Gagnon :: CDM
Q C’est une belle série d’événements qui est arrivée là…
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Oui, tout à fait…tout ça était bon. C’était comme si toutes les pièces du casse-tête s’emboîtaient, parce que lorsqu’ils m’ont demandé [de me joindre à Dream Theater] après avoir fait Liquid Tension, j’étais vraiment prêt à y aller. Ma famille était établie, j’étais dans une bonne position avec tous mes autres projets, et le groupe était également dans une position plus sécuritaire. Lorsqu’ils m’en avaient parlé la première fois, ils venaient de sortir « Images and Words », qui était très bon, mais c’était la seule chose qu’ils avaient. Donc je me disais : « Est-ce que j’abandonne tout de ma vie pour entrer dans ce groupe ? …Ça pourrait marcher, mais qui sait? ». Une fois arrivés là où nous en étions, le groupe était établi, et je savais que j’aimais les gars, alors, comme tout allait bien…
  Alain Gagnon :: CDM
Q Dirais-tu que la communauté du métal progressif en Amérique du Nord est tissée très serrée, qu’on dirait que tout le monde collabore avec tout le monde, que tout le monde semble se connaître…
  Jordan Rudess :: Dream Theatera
R Jusqu’à un certain point, c’est le cas pour plusieurs, mais il y en a aussi qui aiment y opérer sans faire partie de la scène. Je ne dirais pas que je suis énormément lié à tout ça et tout le monde qui en font partie…quelqu’un comme Mike est vraiment impliqué, il connaît beaucoup de gens et en faisait partie depuis ses tous premiers débuts, donc, plusieurs années. Alors, jusqu’à un certain point, je dirais que j’y suis lié, mais bien sûr, il y a des gens qui sont dans la scène et qui font seulement leurs trucs.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Ce que je veux dire…c’est par exemple quand vous avez fait une tournée avec Fates Warning l’été dernier, vous avez fait monter le batteur de Spock’s Beard parce que Mark n’était pas capable de jouer quelque chose. On dirait qu’il y a toujours quelqu’un pour donner un coup de main.
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R C’est vrai, les gens semblent très proches à ce niveau…et ils le sont.
  Alain Gagnon :: CDM
Q Ce qui est une bonne chose…
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Bien sûr….
  Alain Gagnon :: CDM
Q J’ai lu à quelques reprises que tu t’étais enfermé dans le studio pendant quelques semaines pour lancer ta carrière solo. Où en est l’album maintenant?
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R C'est bon qu'on en parle…l'album est mixé, il n'attend que le mastering, et sortira cet été. Il s'appelle "Rhythm of time", et ça s'est déroulé très simplement: je voulais faire un nouvel album, mais je ne voyais pas comment le faire. Alors un jour, alors que je prenais une marche avec ma femme dans notre quartier, je lui en ai parlé: "Je dois vraiment faire cet album, mais je ne pense pas avoir le temps entre l'enregistrement et la tournée…" et elle a répondu: "Tu dois trouver le temps", et j'ai dit: "Mais quand? Je pars en tournée, je dois apprendre les chansons, et tout ce qui va avec…". Elle a sorti une idée: "Tu n'as qu'à t'enfermer dans le studio. Reste là; je vais t'apporter de la nourriture, ou on la fera livrer; ne répond pas au télphone, aux courriels; ne fais rien; tu n'as qu'à écrire ta musique…"
  Alain Gagnon :: CDM
Q …et laisser pousser ta barbe…
  Jordan Rudess :: Dream Theater
R Ouais, c'est ça! (rires)…c'était une très bonne idée, mais je ne savais pas si je pouvais écrire autant de matériel en si peu de temps, ou si je pouvais écrire ça tout court… ça demeurait une question en suspens…mais je lui ai répondu: "Tu sais, ça vaut la peine d'essayer, si tu peux me supporter pendant ce temps, je vais essayer, et si ça fonctionne et que je peux écrire toute cette musique, super! Je crois que le pire qui puisse arriver, c'est d'écrire beaucoup sans arriver à sortir quelque chose, mais ça sera toujours un bon bout de fait.". Alors je suis entré là pendant 14 jours, tel que prévu, et je suis devenu fou. Je n'ai vu personne et je n'ai rien fait d'autre, et je suis tombé malade aussi, mais ça n'était pas important, j'étais tout seul et je travaillais comme un fou, et j'ai fini par écrire toute la musique. Je n'avais pas d'idées avant d'y aller, et j'ai tout écrit…