Prochain spectacle :: CDM (Québec) :: BCI (Montréal) Dernière confirmation: Amon Amarth/Ensiferum (17/10/2008)  
   


Mélomane et légal ? (Partie 1)
  13 septembre 2007

Il n’y a rien de plus énervant qu’un groupe qui pleurniche dû au fait que des promos ont été échangés sur le web avant la sortie officielle d’un album.  Ce n’est pas de notre faute si les compagnies de disques laissent aller les promos à n’importe qui six mois avant la sortie de l’album.  En plus, les gens ont des lecteurs MP3 de toutes sortes et ont simplement hâte d’écouter l’album.  Alors, pourquoi attendre pour acheter du plastique qu’on n’utilisera pas ?  La musique est là, disponible. Il est inacceptable que des gens se fassent traiter comme des criminels !  On ne fera pas exprès d’être imbécile parce que les dirigeants des compagnies sont incapables de suivre le marché et d’offrir des produits intéressants, compétitifs et honnêtes.  

 

Ça commence un peu raide, je vous l’accorde.  Prenons un peu de recul et voyons d’où tout ça est parti...

 

« L’industrie » de la musique voit le jour à la fin des années 1700 alors que des partitions et des entrées de concerts sont vendues.  À cette époque, faute de moyens, nous devions tout jouer nous-mêmes si nous voulions écouter de la musique chez-soi (heureusement que Dream Theater est arrivé plus tard…).  Il faudra attendre le début du vingtième siècle pour que l’industrie du disque, suivant l’invention du phonographe, fasse son apparition.  Quelle heureuse découverte !  Nous pouvions acheter des disques sur lesquels de la musique était enregistrée et nous pouvions l’écouter à domicile.  Dépensons sans penser !

 

Au début des années 90, l’internet, ce démon dormant, prend de plus en plus de place dans le quotidien des gens.  Son fils insoupçonné, le maléfique MP3, naît à cette époque et commence à se répandre de façon épidémique, surtout à partir de 1995.  Cependant, le diable est maître de sa supercherie et c’est à l’aide de ce talent qu’il détourne notre attention du véritable danger, celui qui se sert dans nos poches, nous lavant tranquillement le cerveau en nous amenant dans ses temples pour faire des offrandes de plus en plus importantes en échange de produits de moins en moins bonne qualité.

 

Après les gramophones, 78, 33 tours, casettes 8-tracks, petites cassettes, qu’y a-t-il de si spécial dans une autre façon de pouvoir distribuer de la musique ?  Eh bien, selon les sources du RIAA (Recording Industry Association of America), les revenus annuels de l’industrie de la musique sont entre 30 et 40 milliards de dollars.  Ces revenus ne sont pas engendrés par la popularité de la musique. Est-ce que cet argent va dans les poches des artistes ? Non.  Ce sont les revenus de la vente de matériel. D’objets solides. De vulgaires choses remplaçables.  Pas d’art.

 

Internet et les MP3 (ou toute autre forme de compression sonore) sont deux choses merveilleuses qui auraient fait rêver nos ancêtres. Ces technologies ont redéfini notre accès à l’information et nos façons de communiquer.  Internet, avec youtube, ebay, google, etc. a fait ses preuves. C’est LE moyen de communication et de distribution le plus génial et efficace que notre histoire n’a jamais connu. 

 

Les développements technologiques nous permettent maintenant d’avoir livres, journaux, musique, vidéos, radio, télévision, calendriers, agendas, cartes routières, téléphones, etc. dans un seul et unique objet ayant internet comme seul port d’entrée.  N’est-ce pas merveilleux ?  Plus d’impression, de plastique, de papier. Les kiosques à journaux, les librairies, les clubs vidéo et les disquaires sont sûrement disparus depuis tout ce temps. Un instant je vais voir.

 

Oups. Ils sont encore là.

 

Par contre, ce sont plus des églises qu’autre chose.  On s’y présente par besoin spirituel, on y fait un don qui se rend principalement à des gens qu’on ne connaît pas et qui ont rarement eu un rôle pertinent à jouer sur le produit acheté.  On a ainsi la conscience tranquille.  Nous ne sommes pas de vilains pirates anarchistes, des voleurs d’argent, des briseurs de vies et des gens sans respect pour le travail que les artistes mettent à la création de leurs œuvres.

 

Ça, c’est ce qu’on veut vous faire croire.  Dans les faits, lorsque quelqu’un télécharge un album, il ne se dit pas : « ce crétin d’artiste n’aura pas d’argent, hahahahaha ».  La réalité est plutôt que le système de promotion et de distribution de musique est dépassé, coûte apparemment les yeux de la tête et escroque même les artistes régulièrement.  On ne veut simplement plus y participer.  Les alternatives sont limitées... D’un côté on nous lave le cerveau pour nous faire acheter des cellulaires et des iPod, mais on nous demande de continuer à encourager une industrie qui ne répond pas à ces besoins.

 

Certains font des efforts, certes, en ouvrant des magasins virtuels en ligne. Cependant, ça revient généralement à facturer autant en échange de moins (une pratique que plusieurs compagnies pratiquent vulgairement d’ailleurs). Nous faisons face à une industrie menée par des gens paresseux avec beaucoup moins de scrupules que les soi-disant pirates.  Ce n’est pas vrai que l’industrie de la musique souffre des MP3.  Elle en bénéficie.  Par contre, lorsqu’on nous présente des chiffres où les ventes de disque diminuent, on ne nous montre pas tous les autres produits dérivés qui font que l’industrie est grandissante.  La vente de plastique diminue. L’engouement pour la musique augmente.  S’il n’y a pas de profit, c’est qu’il y a incompétence.  Ça, ce n’est pas notre faute.

 

Suite (Partie 2)