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Sister Sin
  Switchblade Serenades :: 15 octobre 2008

Peu importe l’évolution courante d’un style, il y a toujours quelques formations qui gardent leurs racines bien ancrées dans les influences des pionniers à qui on se réfère aujourd’hui comme des représentants de la vieille école du métal. Si Tommy Lee et Vince Neil avaient été des professeurs au couvent, l’étudiante Liv et sa bande de petits décrocheurs du groupe Sister Sin auraient certainement passé les cours avec des scores à trois chiffres, simplement pour s’approcher d’un possible 666. Voyons ce que ce groupe suédois aura réussi à faire avec cette musique typiquement américaine qu’est le hard rock pompeux!

 

 

 

Si les rayons du soleil ont semblé plus agressifs cette année, c’est probablement relié à l’agrandissement du trou dans la couche d’ozone vu la quantité industrielle de fixatif nécessaire pour composer une bonne collection de glam metal digne du nom. Le premier titre de l’album, Beat the Streets, trace avec précision le chemin employé par Sister Sin sur Switchblade Serenades. Ce chemin est pavé de dalles d’un métal qui oscille entre le hard rock bourré de testostérone des années 80 et la musique lourde et mélodique de la même décennie. Ajoutez à cela une petite dose d’arrogance et un soupçon d’influences punk, et vous obtenez un portrait assez précis de ce qu’est la musique de Sister Sin.

 

 

 

Il est toujours délicat de sortir un album si fortement influencé par la vieille école puisqu’il n’y a toujours que deux possibilités : soit le groupe en arrive à un produit qui correspond exactement à ce que les amateurs de ce style veulent entendre, ou encore il pond une myriade de clichés dans une musique réchauffée et sans intérêt. Un peu comme la sauce à spaghetti dont toutes les sœurs d’une même famille ont la recette sans que chacune n’arrive au même résultat, ce n’est pas donné à tous les groupes d’arriver au bon résultat avec des ingrédients qui sont depuis longtemps connus de tous. Heureusement, Sister Sin semble s’être vraiment bien débrouillé pour arriver avec un produit qui surprend sans pour autant inventer quoi que ce soit.

 

 

 

Voici donc un album de glam metal de ce groupe suédois mené par la petite boule d’énergie qu’est sa chanteuse. Décidément, avoir une fille à son front est loin d’être uniquement une question d’image pour Sister Sin. Avec sa voix puissante et agressive, Liv exsude son attitude rebelle de par le venin qu’elle crache en chantant. Si le véhicule de ses mots est abrasif, le contenu n’en est pas moins subtil. Aucune censure n’a été appliquée aux paroles pour se marier avec la crisette colérique de la chanteuse. Tout cela est présenté sur un son de guitare lourd et une basse présente. Évidemment, puisque le style du groupe n’appelle pas aux acrobaties techniques au niveau musical, il ne faut guère chercher plus loin que dans les riffs entraînants et les changements de tempo prévisibles pour se rendre compte que le groupe a mis toute forme de complexité musicale de côté, au profit de l’efficacité des compositions. Mis à part quelques bons solos ici et là, le travail des musiciens reste tout de même adéquat, tout au mieux.

 

 

 

Switchblade Serenades est un album égal. Il est constant. Il ne comporte pas vraiment de moment faible mais maintient plutôt une bonne cadence sur toute sa durée. Pourtant, l’apogée de l’intensité de l’album, s’il en est une, se trouve vers le milieu. En effet, Breaking New Grounds, On Parole et la surprenante reprise de Motorhead, Make My Day, constituent ensemble un moment extrêmement fort de l’album. Avouons qu’il est difficile de rester de glace après avoir entendu la voix d’une rockeuse suggérer avec ardeur d’aller faire ‘la chose’ dans le stationnement… Enfin, rappelons-nous que ces mêmes mots sont initialement sortis de la bouche de Lemmy Kilmister!

 

 

 

Malgré la grande qualité des compositions et la précision de la production qui les complémente, Switchblade Serenades comporte tout de même certaines lacunes. La première, et elle saute aux oreilles, c’est que la chanteuse de Sister Sin, dont il a déjà souvent été question dans cette critique, a tendance à en mettre un peu trop. Difficile de dire si c’est de l’émotivité ou une surdose d’enthousiasme, mais les notes atteintes par Liv ne sont pas toujours agréables à entendre. Avouons-le, certaines lignes de chant ne sont pas tout à fait sur la note. Pour ajouter à ce désagrément, avouons que la structure des chansons se ressemble beaucoup à la longue et que certaines pièces passent inaperçues.

 

 

 

Pourtant, Switchblade Serenades est un excellent effort pour un groupe qui n’était encore jamais parvenu à se faufiler sur les tablettes de l’Amérique du Nord. Une bonne découverte pour ceux qui aiment se tenir en dessous d’un pont et prendre de la bière en crachant par terre. Une vraie bonne dose de rock de fond de gouttière avec des propos tantôt cabotins, tantôt plus sérieux, mais auxquels tous peuvent s’identifier.

 

 


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Critique par Fred Laroche
Note 7
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