Près de quatre ans après la sortie du furieux et introspectif album Blood & Belief, Blaze Bayley nous revient avec un effort pour lequel nul autre titre n’aurait pu être plus approprié : The Man Who Would not Die. En effet, entre les occasionnels problèmes de santé, les contrats douteux et le support plus ou moins adéquat des compagnies de disques, la carrière de Blaze semblait toujours sur le point frapper un mur. Pourtant, la persistance et la détermination de Blaze l’auront convaincu de faire de sa carrière un véritable solo en lançant son nouvel album de façon indépendante. Ne répondant plus à personne d’autre qu'à lui-même et comme s’il avait quelque chose à prouver, Blaze se livre sur ce nouvel album comme si c’était son dernier. Plus rapide, plus varié et plus consistent que tout ce que le chanteur aura offert dans sa carrière solo, cet enregistrement est son meilleur à date… mais de justesse!
On s’entend qu’énoncer que ce petit dernier est le meilleur de la discographie de Blaze ne fait aucunement d’ombre à l’ensemble de son œuvre puisque son catalogue ne comporte que des albums de qualité. The Man Who Would not Die s’aligne donc très bien avec les autres efforts de Blaze en demeurant dans un créneau métal redoutablement efficace. Ce qui le pousse un peu à l’avant par rapport aux autres, c’est l’authenticité avec laquelle il a été produit. On a réellement l’impression d’entendre un album écrit par un fan de métal, pour les fans de métal. La production pousse les 3 éléments qui restent dans la tête de tous ceux qui se la brassent, c'est-à-dire les riffs de guitare, les solos et la voix. La batterie, bien qu’un peu plus loin dans le mix, possède un son très organique qui fait oublier l’ère des déclencheurs électroniques comme si elle n’avait jamais été. Finalement, même si la basse n’a jamais vraiment été négligée dans la musique de Blaze, elle rend l’album encore plus lourd en étant particulièrement audible.
Immédiatement avec la pièce titre, il est facile de prendre conscience de la rapidité de la musique sur The Man Who Would not Die. Malgré son riff d’ouverture un peu insipide, la pièce se dirige rapidement dans une direction qui fait briller la nouvelle formation avec qui évolue Blaze. Véritable prophète de la mélodie, il semble que le chanteur réussit toujours à trouver les arrangements qui feront de quelques riffs linéaires un véritable hymne de métal. Puisqu’il n’est pas question d’en mettre plein les oreilles avec des prouesses techniques, les guitaristes Jay Walsh et Nick Bermudez attendent les solos pour réellement montrer leur savoir-faire. Il est d’ailleurs assez évident que les solos sur cet album sont parmi les meilleurs de la discographie de Blaze.
Depuis sa participation dans Iron Maiden, tout le monde sait que Blaze est un chanteur qui excelle dans les tons moyens et graves. Apparemment, il en est également bien conscient et c’est probablement pour cela qu’il exploite sa portée vocale au maximum à l’intérieur des limites qu’il est capable d’atteindre. La pièce suivante, Blackmailer, est un excellent exemple de l’adresse dont il fait preuve à atteindre des notes qui habillent les mélodies à la perfection. Malgré un refrain un peu redondant, cette pièce est un autre moment fort de cet album dont l’écoute ne fait que commencer. Même si Blaze est reconnu pour son métal très traditionnel, ses tentatives sur des chansons plus épiques auront donné quelques bons résultats. Encore une fois, avec Smile Back at Death, il réussit à offrir une pièce au tempo modéré qui n’ajoute pas de longueur à l’album malgré son minutage qui est presque le double de celui des autres chansons.
Tous les amateurs de métal savent que les meilleures ballades sont écrites par des groupes qui ne sont pas particulièrement réputés pour en écrire. À cet effet, Blaze surprend avec While You Were Gone qui est une puissante ballade… ne serait-ce que pour un instant! En réalité, le sujet de la chanson et les arrangements sur lesquels elle commence rappellent la ballade, mais demeure loin du genre que l’on entend dans les bars de danseuses. Jusque là, l’écoute est aussi rafraîchissante qu’intéressante. Évidemment, on ne réinvente rien mais c’est toujours agréable d’entendre une nouvelle adaptation d’une formule que nous avons adoptée depuis si longtemps. Là où ça tourne au vinaigre, c’est quand les clichés sont si présents que la chanson n’est tout simplement plus appréciable. Avec ses paroles frisant la parodie et ses mélodies plus ou moins inspirées, Samurai ressemble plus une collection de clichés qu’a une chanson proprement dite. Cependant, il est très difficile de ne pas se laisser emporter par les "oh oh oh" du milieu... qui ne sont pas plus originaux que le reste de la chanson. L’intérêt continue de s’affaisser avec Crack in the System, qui aurait pu être meilleure sans son interminable finale.
Heureusement, on corrige le tir rapidement avec la pièce qui fait office de premier extrait pour l’album, Robot, qui est comme une Futureal des temps modernes. Chancelant dangereusement sur la limite entre le heavy et le thrash, ce tube comporte un refrain, des riffs et des solos dévastateurs. Enfin, le point culminant de l’album s’atteint avec Waiting for my Life to Begin. La rythmique de cette pièce est si précise et rapide qu’elle pourrait presque rappeler le jeu d’un certain Jon Schaffer.
Somme toute, malgré quelques clichés et quelques pièces un peu moins mémorables, The Man Who Would not Die demeure un solide album de métal qui devrait faire partie de la collection de tous les amateurs de ce style qui ne finira probablement jamais par mourir complètement. Un autre excellent volet de la discographie de l’une des personnalités les plus authentiques du métal.