Connaissez-vous Charlie Dominici ? Il s’agit du chanteur sur l’album When Dream and Day Unite de Dream Theater paru en 1989. Il est donc connu depuis comme étant « l’ancien chanteur de Dream Theater ». Il faut dire qu’en n’ayant rien produit depuis 1989, il était difficile pour lui de se débarrasser de ce titre. Avec la conclusion de la trilogie O3, on pourra dire qu’il a fait un sérieux effort pour regagner son identité.
C’était en 2005 que monsieur Dominici réintégrait le monde musical de façon plus formelle avec la parution de O3 A Trilogy Part 1. Plutôt Cat Stevenèsque, ce premier chapitre n’avait pas grand-chose pour aller rechercher ses anciens fans. Il avait toutefois bien été reçu par la critique. Part 2, deux ans plus tard, voyait l’ajout d’un groupe complet résultant en un album de métal progressif digne de ce nom. C’est déjà cette année que la trilogie se termine et elle se termine en grand!
On voit (ou plutôt on entend) souvent des efforts du genre qui sont généralement des projets secondaires et dont la qualité est plutôt douteuse. Dans le cas de Dominici, on y travaillait à temps plein et très sérieusement. C’est incroyable de voir la progression musicale entre les différentes parties de la trilogie sachant qu’elles sont parues à intervalle si rapproché. Le premier était bon, le deuxième très bon et ce troisième et dernier volet est tout simplement excellent.
O3 A Trilogy Part 3 possède cette qualité que ne possèdent que les meilleurs albums de métal progressif, c’est à dire de combiner habilement les structures complexes avec des « riffs » bien métal et des refrains mémorables. La première pièce, King of Terror, en est un très bel exemple. On peut à la fois « headbanger » comme des fous tout en se laissant hypnotiser par la rythmique judicieuse des couplets. Remercions le travail à la guitare de monsieur Brian Maillard qui n’a rien à envier à personne concernant ses compétences musicales.
Bien sûr, ce qui intéresse tout le monde est de savoir si monsieur Dominici a encore les cordes vocales à la hauteur. La réponse est oui. Cependant, malgré que le groupe porte son nom, ce n’est pas Charlie Dominici le chanteur qui vole la vedette. Ce sont bien les chansons, écrites avec brio, qui font de cet album un succès. Sa voix est toutefois en meilleure forme que sur When Dream and Day Unite. Elle est particulièrement efficace dans les tonalités intermédiaires.
Finalement, O3 Part 3 n’arrive pas sur le marché comme une bombe et je ne tente pas de dire qu’il le devrait. Il s’agit par contre d’un excellent album de métal progressif qui doit se trouver dans vos priorités si vous aimez le genre. Il y a une bonne dose de virtuosité qui n’encombre pas les chansons, des mélodies superbes et une production propre et claire. Les oreilles fines arriveront à reconnaître l’influence que Charlie Dominic avait au sein de Dream Theater à travers le jeu du clavier, les suites d’accords et les structures rythmiques. Mais je ne crois pas qu’il y ait de compétition à ce niveau…