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Metalogie S01E02
  10 juillet 2007

Qu’est-ce que signifie « métal » dans notre univers musical actuel ? C'est la grande question que j’ai lancée lors du premier volet de ma série intitulée Metalogie. Dans le cadre de cette étude du métal, nous aurons à faire quelques détours afin de mieux se comprendre personnellement.  En effet, le métal ne peut être bien défini qu’en passant par notre vision de ce dernier et par notre façon d’aborder la musique (et même plus).  J’aimerais rappeler aussi que le but de ces articles n’est pas de distinguer le métal des autres styles musicaux, n’y d’en identifier les forces et faiblesses. Ce que je veux avant tout est décrire le métal, point final.   

 

Pour ce deuxième épisode de Metalogy, nous devons nous tourner vers nous-mêmes et nous poser la question : qu’est-ce qui fait qu’on aime ou non un album de métal ? Cette question est un peu la suite logique de l’épisode un : Pourquoi aimons-nous le métal. Malgré qu’un consensus n’ait pas été obtenu à ce sujet, une réponse et une définition finale vont demander une réflexion se basant sur plusieurs aspects de la question. C’est donc pourquoi nous continuons notre exploration. 

 

Lors de la dernière Table Ronde de CDM Radio, nous avons fait une brève revue des albums parus depuis le début 2007. Trois catégories étaient présentées : 1) Attentes positives et résultats négatifs, 2) Attentes positives et résultats positifs et 3) Aucune attente et résultats positifs.  Pour cet épisode de Metalogy, nous allons mettre de côté les albums proprement dits et plutôt nous tourner vers les commentaires, raisons et  explications données par l’équipe CDM concernant chaque catégorie.

 

La première chose qui m’a semblée claire est que nous sommes tous timbrés à un niveau ou à un autre (moi y compris).  C’est peut-être un des points importants de l’étude du métal puisque, selon plusieurs (surtout nos grand-mères), le métal est de la musique de malade…  Après avoir discuté les deux premières catégories, il était évident que les raisons qui faisaient que nous aimions un album étaient les mêmes que dans le cas contraire.  Seul l’élu/victime était différent.

 

Le fait qu’un groupe continue dans la même voie peut être autant une bonne chose qu’une mauvaise chose.  Le fait qu’un groupe explore est aussi reçu d’un bord comme de l’autre.  J’en conclus donc, grosse surprise, que ça finit toujours par être une question de choix.  Ah, on aime bien mettre le blâme sur les musiciens, les traitant de sell-out ou les accusant de ne plus avoir d’inspiration.  Il est certain qu’un album peut parfois nous paraître d’un ennui épouvantable malgré que nous ayons vraiment envie de l’aimer.  D’un autre côté, vous remarquerez que lorsqu’un groupe produit un album ressemblant à ses précédents et que nous lui reprochons ce fait, c’est qu’on n’écoutait déjà probablement plus ce groupe par manque d’intérêt.  Finalement, lorsqu’on on aime un groupe et qu’on se dit « Me semble que ça serait bon un nouvel album de tel groupe », on va l’accepter avec beaucoup plus de facilité.

 

Et s’ils ne le font pas?  Alors maudits soient-ils avec leurs nouvelles idées!  On les déteste (sans pour autant les connaître personnellement…) de nous priver de ce que nous, les rois consommateurs, demandons.  En effet, en cette décennie de libArté (sic) où les droits et les honneurs prévalent sur la logique et le respect, les artistes sont là pour répondre à un (des) besoin(s). Passée est l’époque où les artistes pratiquaient leur art pour leur plaisir personnel, pour s’exprimer et/ou pour s’amuser.  Aujourd’hui c’est nous qui demandons.  Et lorsque l’impatience l’emporte, eh bien nous organisons des émissions de télé où nous allons carrément dire aux artistes : faites ça, chantez comme ça, portez ça, etc. 

 

Pourquoi ferions-nous des efforts pour écouter beaucoup de musique et y trouver quelques artistes qui nous touchent et dont la musique nous transporte ? Bah ! Trop d’ouvrage.  Pourquoi accepter qu’un groupe de gens change d’idée et de style musical ?  Eh bien parce qu’au fond, nous savons que c’est nous (le collectif) qui est responsable des pressions que peuvent subir les artistes.  Ah pardon, j’oubliais.  Il n’y a que dans la musique Pop que ça se produit… Nous, on est des vrais.

 

Alors dans ce cas, la meilleure solution serait de laisser de côté les groupes qui ne font plus ce qu’on aime. Pas par mépris, mais plutôt par désir de trouver ce qui comblera ce manque.  Pourquoi dépenser de l’énergie à critiquer ce que fait un groupe?  Utilisons-la pour en trouver qu’on aimera davantage. Car à la fin, c’est ça la musique.  Encourageons les artistes qu’on aime.  Les autres vont soit tomber dans l’oubli ou se ressourcer.  Il est certain qu’on devra faire un deuil de certains de nos artistes préférés. 

 

En agissant comme ça on y gagnera tous car en regardant ce qui ressortait de la catégorie 3 (vous pensiez que ça n’avait plus de lien avec la revue de l’année ?), on voit tout de suite que les groupes que nous découvrons et aimons n’ont généralement pas réinventé la roue.  Ils sont simplement des groupes qui ont fait ce que nous avions envie d’entendre sans qu’on se soit imaginé leur demander.  Alors on est content. 

 

Je crois que le métal est un style qui est très fort au niveau des surprises.  Car c’est généralement comme ça qu’on l’a connu.  On a entendu un album et on a fait : Whoa !  Je me souviens très bien de mes premiers contacts avec Metallica, Iron Maiden, Blind Guardian et Children of Bodom, par exemple.  On aime être surpris et impressionné. On aime avoir l’impression d’avoir affaire à des génies car on s’approprie toujours un peu leur réussite (un peu comme on s’approprie le succès d’une équipe sportive…). Mais ça, c’est une autre histoire.

 

Est-ce vraiment raisonnable de demander à un groupe de produire cet effet à chaque nouvelle parution ?  Je ne crois pas.  Ça demande toutefois une certaine prise de conscience et un effort pour le comprendre et continuer d’apprécier leur musique telle qu’elle (ce qui est facile à écrire, mais pas toujours à faire…). On va s’attendre un peu plus à ça dans le cas de jeunes groupes.  Pourquoi ajouter un groupe s’il fait la même chose que les autres ?  Parfois c’est bien d’avoir plusieurs groupes dans un style qu’on affectionne…

 

Que conclure alors de tout ça?  Je dirais plusieurs choses. 1) Acceptons que les artistes puissent faire ce qu’ils veulent et non ce que nous voulons.  2) Cherchons ce qui nous plait plutôt que de nous concentrer sur le contraire.  Ce faisant, on va éviter les longues discussions ennuyantes sur tout ce qu’on n’aime pas d’un nouvel album. 3) On aime un album lorsque ce dernier répond à un désir (conscient ou non).  Est-ce qu’un groupe a fait quelque chose de mal si ça ne se produit pas ? NON ! 

 

Ce n’est pas à nous de dire à un groupe X quoi faire.  Malgré qu’il soit très satisfaisant de penser que nous avons un quelconque pouvoir derrière notre clavier dans un blog, un forum ou un éditorial, la réalité est que les groupes se foutent pas mal de notre opinion personnelle perdue dans un million de pages web.  Tant que les albums vendent, ils ne veulent pas savoir le numéro d’assurance sociale de ceux qui les ont achetés.  La seule chose qui peut influencer le cours des choses est justement les ventes.  Si vous trouvez qu’un groupe fait de la $%?&*, n’allez pas voir le concert, n’achetez pas l’album. Il y en a certainement d’autres qui ne le font pas.  Aidons à les faire connaître.  Soyons constructifs.


- Steven Harbour