Metalium est un groupe qui produit. Le septième chapitre de ce qui semble une interminable saga sur le pouvoir de la puissance de la force de la gloire du Métal Tout-Puissant est maintenant entre nos mains. Prévisible au possible, Metalium est un groupe respectable de vieux routiers qui connaissent bien la joute ; leur recette de heavy musclé typique a donné lieu à quelques bons albums. Cependant, on dirait que l’essence divine de la substance métallique en fusion commence à se faire de plus en plus rare pour le quatuor allemand.
Comme sur chacun des albums précédents, Chapter Seven : Incubus commence avec la « situation initiale » de l’album, une narration / chanson sur fond de piano. Henning Basse, illustre chanteur grandement sous-évalué, fait son apparition sur des sonorités plus progressives que par le passé. Cependant, il faudra attendre un peu plus tard avant de « progresser », puisque Resurrection, la pièce casse-gueule de l’album, s’impose brutalement. Jusqu’à maintenant, la recette de Metalium demeure absolument inchangée depuis 1999… Ouf.
La pièce titre Incubus confirme un mouvement qui avait été amorcé depuis l’album Chapter IV As One, à savoir un heavy métal extrêmement lent et lourd. Difficile de vous imaginer « headbanger » à 60 bpm ? Détrompez-vous, c’est possible avec cet amalgame de riffs très pesants sur le gros fond de basse pleine de distorsion de Lars Ratz ; ce dernier utilise bien les propriétés somme toute limitées de son instrument pour rajouter de la variété à des passages qui seraient autrement répétés de façon identique.
Outre cette tendance à l’écrasante lenteur et l’ajout de passages évolutifs, Metalium garnit, ou plutôt remplit, le reste de l’album avec des morceaux typiques, plutôt rapides et on ne peut plus « poils » ! Ceux qui apprécient Primal Fear se retrouveront en territoire connu, mais Metalium doit composer avec une production beaucoup moins nette que celle de leurs compatriotes. Loin d’être mauvais, le son de Metalium a toujours été réalisé de façon « maison » par le groupe lui-même. Un bel effort qui donne de la personnalité au groupe, mais qui l’empêche de se hisser au sommet, en terme de son.
Il est difficile de trouver des défauts majeurs à Incubus, outre une unilatéralité décevante des chansons. Ce septième opus de l’œuvre de Metalium est le genre d’album qui passe bien en fond sonore, mais une écoute avisée et soutenue s’avère pénible du moment qu’on a entendu les très bons disques qu’étaient Chapter IV : As One et Chapter V : Demons of Insanity. Metalium rock, c’est indéniable ; mais il y a beaucoup mieux à entendre en ce début d’année 2008.